30 novembre 2009
Carte géologique
Dispositif structural
Les terrains de la région d’Asón sont affectés au nord par
un bombement OSO-ENE passant à San Roque sur le Rio Miera et recoupant le Rio Asón
au sud d’Arredondo.

De part et d'autre des failles de Bucebron les strates plongent soit vers le nord (Muela), soit vers le sud (Porracolina)
Cet anticlinal ou pseudo anticlinal, dit de Socueva, est
souligné de grandes failles axiales parallèles (failles de Bucebron et de
Socueva), avec des rejets parfois importants atteignant environ
Le relief de faille sur le flanc nord de l'alto de Porra. L'accident met en contact des formations gréseuses (7) et les calcaires récifaux de bucebron (4).
Vers le nord les strates plongent suivant un pendage de 10 à 20°. Au niveau de l’Alto de Tejuelo, de nombreuses fractures SO-NE relèvent à tour de rôle les compartiments successifs.
Le rebord de l'Alto de Tejuelo en rive droite du Rio Miera. Les failles relèvent de façon répétitive les escarpements calcaires.
Un important accident ouest-est, prolongement de la faille des Esles (ou faille de Cabuerniga), suit approximativement le Rio Bustablado (et probablement vice et versa).
Le flanc sud de l’anticlinal occupe une surface nettement plus importante. Il est d’abord affecté par une très complexe zone fracturée au niveau du Haut-Rolacia (Helguerón, Regato Callejón) pour poursuivre apparemment plus calmement son plongement vers le sud sud-est avec un pendage moyen de l’ordre de 10°. Quelques cassures importantes apparaissent au sud de Peña Lusa, à la limite des Provinces de Santander et Burgos.
La structure générale anticlinale a comme conséquence de faire affleurer les terrains les plus anciens (Barrémien supérieur, Aptien inférieur) dans les boutonnières de San Roque de Riomiera et de Socueva. A partir de là, vers le sud, ils sont régulièrement recouverts par des dépôts de plus en plus jeunes (jusqu’à Albien supérieur).
La carte géologique existante concernant le massif de Porracolina est malheureusement d’une précision des plus aléatoire et présente surtout pour nous quelques défauts majeurs.
A côté de lacunes d’ordre structural, comme l’absence de certaines failles importantes (Brenuca), c’est surtout au plan stratigraphique que le bât blesse le plus.
Des niveaux imperméables gréseux ou marneux importants ne
sont pas mentionnés (grès de El Albeo). Ils jouent pourtant un rôle de
substratum imperméable déterminant dans l’élaboration des processus karstiques.
Plus grave est l’amalgame fait en réunissant sous le même vocable des séries
calcaires complètement distinctes et de datation différente, et qui vont
renfermer en leur sein des réseaux karstiques complètement indépendants. Les
calcarénites de la Porra sont ainsi mêlés aux calcaires du Haut-Rolacia et même
aux calcaires de las Pizarras. Les niveaux calcaires du Picón del Fraile sont
malheureusement confondus avec les calcaires de Peña Lusa. On retrouve réunies
sous le même figuré quelques
La carte géologique ici présentée, sans prétention scientifique excessive, comble quelques-unes unes de ces insuffisances.
09 juin 2009
Système hydrologique de la Cubera
La Cubera (z = 185 m) est l'émergence pérenne d'un grand système qui s'étend probablement depuis Valdicio et les flancs du rio Miera à l'ouest jusqu'au val d'Ason à l'est.
Bien que la grande grotte reliée, la Coventosa, soit une des cavités les plus anciennement explorées, le collecteur n'y est connu que dans son extrême aval.
La source temporaire du rio Sordo, elle, fonctionne vraisemblablement comme trop-plein du même système. Lors des périodes de crues son débit est alors bien supérieur à celui de la Cubera (voir les photos dans le message du 10 mars 2009).
Le bassin d'alimentation actuel est limité au nord par le bombement (pseudo-anticlinal) de Socueva. Au sud la ligne d'affleurement des biocalcarénites de la Porra (niveau 6), juste au dessus des calcaires récifaux de Bucebron (4), forme la limite de la zone d'absorption en collectant aussi les ruissellements des landes gréseuses du niveau 7. (pour plus de précisions concernant le cadre géologique je renvoie au messages du 12 mars 2006 et 10 décembre 2005. Je joins également une coupe des systèmes légèrement corrigée).
Depuis les ultimes explorations dans le réseau Cueto-Coventosa qui datent déjà d'une vingtaine d'années, les recherches sur ce système ont été peu intensives. Cependant les découvertes les plus récentes à la sima del Tejon, -501 (groupe Rubi 2006) ou à la torca del Gran Damocles ("sc Dijon" 2008) offrent d'alléchantes perspectives.
30 mars 2007
Fuentes
Quelques photos de sources.
Les clichés peuvent être de bien médiocre qualité. Certains ont été scannés à partir de vieilles diapositives aux couleurs passées.
Gandara, mars 2007, petite crue
La cueva del Nacimiento (desarollo 250m) et la cueva de Petit Pierre (100m) coulent abondemment.
Le moulin vient d'être rénové.
Cubillo de Ason, mars 2007, crue moyenne
mars 2007, petite crue
Cubiobramante et Cayuela, 1986, crue moyenne
Cubera et Coventosa
Jonegral et rio Sordo,
crue de fonte de neige, février 1986
26 mai 2006
Porracolina, émergences
Cette carte légèrement complétée (sumidero de la Sota, fuente Conseguro...) remplace le document édité le 25 décembre 2005.
Emergences du massif de Porracolina
27 mars 2006
Systèmes hydrogéologiques (coupe)
La coupe présente de façon schématique la place des 5 principaux systèmes karstiques dans la série géologique du massif de Porracolina. Les systèmes plus modestes (sauf Hoyo Grande) ont été volontairement occultés.
Les messages précédemment édités (géologie,hydrologie) permettront une interprétation plus aisée du document.
12 mars 2006
Porracolina, systèmes hydrogéologiques
Attention le terme système en français ne correspond pas au mot sistema régulièrement employé par les collègues espagnols dans le sens voisin de réseau (red).
Le tableau présente les principaux systèmes du massif de Porracolina listés avec les cavités explorées supposées en relation. Une carte et une coupe montrant l'organisation de ces différents systèmes dans la géologie locale sont en cours de réalisation
Sources = systèmes |
Potentiels en extension |
Potentiels en dénivelé |
Développements des principaux réseaux explorés (>1 km) |
Profondeurs maximales atteintes en mètres |
Cubiobramante |
7 km Calseca |
750 à 800 m alto de Tejuelo |
38,6 km, La Canal 12,6 km, Cayuela 1,1 km Las Pasadas 35 km, Bernallan, Cantu Encaramao ? 2,8 km, Yeguas ? 2,4 km, Calleja la Valle ? 52,3 à 92,5 km |
589 (Las Pasadas) |
Cueva la Cueva (+ Molino ?) |
Alto de Tejuelo |
|||
Cubera(+ Sordo ?) |
9 km Valdicio ouest, La Concha ? |
950 à 1000 m Porra, flancs Porracolina |
32,5 km, Coventosa 1,1 km, Escalon 1 km, Montosas ? 33,6 à 34,6 km |
815 (Cueto) |
Munio |
1 km Brenuca |
250 m |
3,7 km, Munio 4 km |
207 (Munio) |
Cuesta Avellano |
2 km Hazas Negras |
350 m |
1,8 km Cuesta Avellano 1 km, Callejon 1,7 Canon ? 1,3 km, Primavera ? 2,8 à 5,8 km |
140 (Cuesta Avellano) |
Agua |
2,5 km |
350 m ? |
10 km, Agua 10 km |
225 (Agua) |
Huerto el Rey |
7,5 km Las Pizarras |
900 m |
25 km, Fresca 18,8 km, Salcedillo ? 1 km, Mortero ? 1 km, Mirador ? 25 à 45,8 km |
507 (Fresca) ou 532 (Hoyo Salcedillo) |
Cailagua |
5 km Colina Nord |
650 m |
4,8 km, Haza tras El Albeo ? 4,8 km |
108 (Haza tras El Albeo) |
Cascada |
5 km Colina |
800 m Colina |
21,7 km, Hoyo Grande 6,2 km, Haza 6,5 km, Carrio ? 27,9 à 34,4 km |
531 (Hoyo Grande) |
Ason |
2 km |
150 m |
1,4 km, Ason 1,4 km |
87 (Ason) |
Bazon |
3,5 km |
400 m ? |
1,6 km, Carrona 1,6 km |
144 (Carrona) |
GANDARA |
10 km Castro de Valnera |
1000 à 1200 m Fraile, Castro de Valnera |
63 km, Gandara 15,3 km, S. Bernias 4,8 km, C. Bernias 3,5 km, Rio Chico 3,1 km, Hondo Hojon 2,9 km, Lunada 2,5 km, Requiem 2,1 km, Jabato 1,5 km, Bustalveinte 1,2 km, Tercero Ojo 1,1 km, Mazo Blanco 7,6 km, Cuvada Grande ? 1,1 km, Mirador ? 100 à 108,7 km |
800 (Gandara) |
? vallée du rio Gandara ? |
>à 8 km ? |
1000 m Pena Lusa |
15 km, Lobo 19 km Trillo 2 km Gorgullones 9,9 km Los Morteros ? 36 à 46 km |
435 (Pena del Trillo) ou 453 (Los Morteros) |
GS 2005
13 février 2006
Porracolina, découpage stratigraphique
Lithologie-stratigraphie
Une stratigraphie plutôt compliquée, des dépôts urgoniens.
La série sédimentaire concernant plus particulièrement le karst d'Ason a une puissance d'environ 2000 m et englobe des terrains allant du Barrémien supérieur à l'Albien moyen et qui correspondent à trois systèmes successifs de dépôts urgoniens.
L'ensemble a été partagé en une quinzaine de niveaux différents (Simonnot 1989 SLP) sans prétention scientifique particulière mais pour des raisons pratiques, notamment pour permettre une datation relative et faciliter la localisation des différents systèmes karstiques et leur substratum, et par là même pouvoir évaluer les possibilités de leurs interrelations.
Le détail de la série stratigraphique fait appel aux documents géologiques existants et souvent à bon nombre d'observations personnelles.
Les niveaux de référence ont été choisis arbitrairement entre Socueva au nord et Pena Lusa au sud et sont plutôt représentatifs de la partie Est de la zone d’étude. Dans la région les variations latérales de faciès sont nombreuses et dans la mesure du possible les plus importantes sont signalées.
Les descriptions sont volontairement concises, des détails sur nombre de niveaux se retrouvant plus loin dans l’ouvrage.
Découpage lithostratigraphique
1 Grès et argiles de Socueva (épaisseur 200 à 500 m)
Seule la partie supérieure de ces dépôts affleure dans les boutonnières anticlinales. Ils représentent les formations terrigènes basales du premier cycle urgonien (U1), de type fluvio-deltaïques avec une faune marine plus riche vers l’est et Socueva que sur le Rio Miera (formation de rio Yera)
Grès durs micacés, schistes argileux, argiles sableuses rougeâtres prenant des teintes ocres ou rouilles à l'altération.(Rat 1959)
Socueva, Arredondo, San Roque, Linto

2 Calcaires de transition (50 m)
Sur 30 m petits bancs de calcaires de 30 cm à 2 m en alternance avec des joints marneux peu épais (moins de 30 cm). Huitres, coquilles, polypiers.
Au dessus 20 m de calcaires noirâtres à patine gris brun formant replat. (Humbel 1968)
Ces derniers pourraient correspondre à des calcaires gréseux à organismes pionners. (Pascal 1983). Tous ces niveaux sont plus développés à l’ouest le long du Rio Miera
Socueva, Pena Lavalle, San Roque
3 Calcaires de Pena Lavalle (300 à 400 m)
Calcaires micritiques à Toucasia, Iraquia et miliolidés. Calcaires massifs à patine blanche.
Dépôts du premier système urgonien, de rampes carbonatées homoclines de grande extension.
Pena Lavalle, Los Machucos, Canal del Haya, Calseca
4 Calcaires de Bucebron (300m)
Calcaires à rudistes. Dépôts de plate-forme insulaire.
Ils passent latéralement, vers le rio Miera, à des marnes bleues et au sud aux grès d'Ason (partie inférieure).
Cueto, Porra, Bernallan, Alto de Tejuelo
5 Grès d'Ason (variable jusqu'à 500 m)
Grès très divers souvent de couleur sombre, grès calcaires, schistes ardoisiers, passées de calcaires.
Ason, Rolacia
6 Biocalcarénites de la Porra (100 m)
Deux séries de 40 m de calcarénites en bancs réguliers (20 à 30 cm) à patine ocre, séparés par des calcaires marneux gris, rognoneux.
Porra, Porracolina, Len de Hormigas
7 Grès, marnes, siltites de la Porra (100 m)
Ensemble complexe comportant à sa base un remarquable banc gréseux brun foncé à stratification croisée, seulement épais de 10 à 15 m mais que l'on peut suivre sur une grande partie du massif.
Vers Rolacia cet ensemble vient former la partie supérieure des grès d'Ason.
Porra, Porracolina, Len de Hormigas
8 Complexe calcaréo-gréseux du Haut-Rolacia (environ 250 m vers le val d'Ason)
Ensemble dominé par des bancs de calcaires à rudistes formant des redans de 10 à 50 m d'épaisseur, en alternances avec des épisodes gréseux ou marneux. L'épaisseur des bancs carbonatés diminue nettement vers l'ouest, l'assise inférieure dite barre de l'Agua semblant même disparaître.
Plate-forme marginale soumise à des épandages fronto-deltaïques (Pascal 1983)
Helgueron, Porracolina
9 Grès et siltites de El Albeo- Sota (50 m)
Niveau essentiellement gréseux à l'ouest près du cirque de la Sota et semblant s'enrichir en intercalations silteuses et carbonatées en allant vers l'est.
La Colina
10 Complexe calcaréo-gréseux de la Colina (250 m)
Cette épaisse série est formée de très nombreuses séquences carbonates/détritiques. Par rapport au complexe 8 du Haut-Rolacia les épisodes carbonatés sont généralement moins imposants et alternent avec des strates gréseuses ou marneuses plus fréquentes et plus épaisses.
Hoyo grande, Colina, Posadia
11 Calcaires à mud-mounds de Pena Becerral (250 à 300 m)
Souvent mentionnés sous le terme de lentilles de la Gandara, ils sont un empilement de monticules carbonatés comportant un noyau à calcaires micritiques, à construction facilitée ou élaborée par des organismes microbiens, et une écorce (capping-beds) constituée de calcaires bioclastiques (madréporaires, rudistes etc..).
Pena Becerral, Source de La Gandara
12 Marnes noires de Soba (300 à 400 m)
Ces formations détritiques sombres se sont formées en bassin circalittoral au pied des bordures à mud-mounds.
La faune est de type hémipélagique (éponges siliceuses, foraminifères benthiques, quelques cocoolithes).
La Gandara
13 Complexe calcaréo-gréseux du Picon del Fraile (150 m)
Il représente la plateforme marginale derrière la bordure à mud-mounds.
Dans le secteur de los Campanarios les faciès calcaires à rudistes et madréporaires dominent tandis que plus à l'ouest les intercalations des détritiques deltaïques s'épaississent.
Picon del Fraile, Los Campanarios
14 Grès de la Brenia (100 à 150 m)
Des bancs gréseux coiffent les sommets du Picon del Fraile (Las Motas) et se prolongent vers l’est (Carrascal, La Brenia) pour recouvrir en partie les formations carbonatées de la Pena del Becerral et servir d’assise au massif de Pena Lusa. Vers Ulles la base de ce niveau est représentée par des calcaires et des calcarénites à patine sombre qui assurent la transition avec les calcaires massifs de Pena Becerral sous-jacents
Pena Lusa, Picon del Fraile, Pena Becerral
15 Marno-calcaires de Valcaba (40 m)
L’ensemble comprend, du bas vers le haut, des calcaires micritiques en petits bancs, un horizon plus marneux sur quelques mètres, le tout coiffé de bancs marno-calcaires. Vers l’ouest de Pena Lusa ces formations passent latéralement à des dépôts gréseux à stratification entrecroisée.
Pena Lusa
16 Calcaires de Pena Lusa (300 m)
Des calcaires à mud-mounds et leurs splendides capping-beds, semblables aux lentilles de la Gandara (11), sont accompagnés des traditionnels dépôts gréseux et marneux vers l’est (bassin circa-littoral) et de calcaires de plateforme plus à l’ouest où se mêlent quelques épisodes plus marneux. (calcaires de Las Machorras 1 et 2)
Pena Lusa, Pena del Trillo
10 décembre 2005
Massif de Porracolina, hydrogéologie
Ason Hydro
Hydrographie épigée
Quatre rivières assurent le drainage périphérique des massifs
Le Rio Miera, au débit modeste est surtout enrichi par des apports de rive gauche comme le Rio del Carcabal et la résurgence liée à la cueva de Serreno en amont de San Roque.
Le Rio Ason prend sa source à la pittoresque résurgence suspendue de la Cascada. Il devient rapidement important par la collecte sur ses deux rives de nombreuses émergences de réseaux souterrains. A Arredondo il reçoit les eaux du Rio Bustablado.
Le Rio Gandara naît à 565 m d’altitude de la plus importante résurgence de la région. Son cours ne rejoint l’Ason que bien plus loin à Ramales de la Victoria.
En période d’étiage le Rio Miera et le Rio Ason ont des secteurs asséchés quand leur lit recoupe des niveaux calcaires.
Au cœur des massifs les très rares écoulements pérennes, comme le Rio de la Sota, se perdent rapidement. Le drainage est donc souterrain dans sa quasi totalité, témoignant de l’importance des processus de karstification.
Les principales émergences
émergence |
altitude |
grandes cavités en relation |
bassin |
Cubiobramante |
170 |
Cayuela, La Canal |
Rio Bustablado |
Cubera |
185 |
Coventosa |
Rio Ason |
Sordo |
195 |
Coventosa ? |
Rio Ason |
Munio |
805 |
Munio |
Rio Ason |
Cuesta Avellano |
810 |
Cuesta Avellano, Primavera ? |
Rio Ason |
Agua |
590 |
Agua |
Rio Ason |
Huerto del Rey |
345 |
Fresca, Salcedillo ? |
Rio Ason |
Cailagua |
460 |
Haza tras el Albeo ? |
Rio Ason |
Cascada |
580 |
Hoyo Grande, Haza ? |
Rio Ason |
Gandara |
565 |
Gandara, grottes du Picon del Fraile et de la Lunada |
Rio Gandara |
inconnue |
|
Lobo, Pena del Trillo |
Rio Gandara |
Le drainage souterrain
L’alternance des écrans imperméables avec des séries calcaires crée une superposition de domaines karstiques (karst mille-feuilles). Du fait du pendage sud-est chaque niveau calcaire karstifié avec son substratum va recouvrir la séquence sous-jacente située plus au nord. On peut alors avoir des systèmes étagés indépendants.
Ainsi les réseaux de l’Hoyo Grande (plus de 30 km) se développent quelques 400 m plus haut que les quarante kilomètres de l’ensemble Salcedillo –Fresca. Le karst de Pena Lusa est perché très au dessus (500 m) du collecteur de la Gandara.
Chaque écran imperméable local peut certes engendrer des écoulements souterrains. C’est particulièrement vrai par exemple au Picon del Fraile où s’observe alors un bel empilement de cavités à l’intérieur même des calcaires du niveau 13.
Cependant nous considérerons surtout les substratums les plus épais qui vont déterminer 4 étages principaux karstifiables à priori totalement indépendants.
L’orientation des écoulements souterrains subit le double jeu du pendage et de la fracturation.
Le simple examen des cours hypogées explorés et des exutoires montre que « l’eau va vers l’est » vers le Rio Bustablado, le Rio Ason et le Rio Gandara.
Plusieurs facteurs semblent devoir être invoqués. En premier lieu le pendage sud-ouest d’une grande partie des massifs appartenant au flanc méridional de l’anticlinal de Socueva ; il a pour conséquence le basculement général des substratum imperméables vers l’est ou le sud-est. Ensuite la nature des terrains beaucoup plus calcaires le long de l’Ason que vers le Miera, aboutissant à la formation d’un endokarst oriental très développé et lié à une vigoureuse érosion des vallées à niveau de base faible.
L’exploration spéléologique montre de plus en plus le rôle majeure joué par certaines fractures dans la genèse des conduits des paléo-écoulements ou des circulations actuelles. Sont en particulier utilisés des accidents ouest-est souvent relayés par des cassures méridiennes (Cueto, Fresca, Agua, Salcedillo) ou N 50° plus au sud (Salcedillo, Picon del Fraile)
Les émergences et leurs bassins d’alimentation.
Le lecteur trouvera des développements plus substantiels dans l’analyse des cavités secteur par secteur.
Cubiobramante
La Cubiobramante assure la sortie des eaux de la Cayuela dans le rio Bustablado. Il est fort probable que le long rio Eulogio dans la torca de la Canal soit le collecteur principal du système et corresponde en aval à la petite rivière du canyon ouest à la Cayuela . En amont le collecteur regroupe des infiltrations des secteurs de La Canal, de Bernallan, de Las Pasadas et de la Muela. A l’heure actuelle la limite amont n’est pas connue mais pourrait être proche du Rio Miera . Les affluents de La Canal drainent aussi les secteurs de los Machucos en remontant vers Bucebron nord. Les ruisseaux dans la cueva Cayuela sont alimentés depuis Buzulucueva ou encore le canal de Calles.
Si l’exploration de La Canal a permis de lever une partie du voile, le problème reste entier pour toute la zone Alto de Tejuelo / Canal del Haya. Où se dirigent les circulations infiltrées dans des gouffres tels que Cantu Encaramado ou Calleja la Valle ? Vers le Rio Miera on ne connaît pas d’émergences et de plus les données géologiques nous amènent à écarter cette solution. Les écoulements pourraient passer sous le val de Bustablado pour rejoindre une gouttière synclinale débordant au sud par la cueva del Molino.
Cueva la Cueva
Près de Bustablado cette émergence temporaire reste une énigme. Elle est peut-être liée au drainage inconnu des réseaux souterrains de l’Alto de Tejuelo vers le nord-est évoqué précédemment.
Cubera
Par le passé le bassin d’alimentation semblait se résumer à la région s’étendant de Pena Lavalle à Bucebron à l’aplomb d’un des grands systèmes souterrains, le Cueto-Coventosa. Le drainage affecte certes le sud de la ride anticlinale de Socueva mais s’étend probablement beaucoup plus loin vers l’ouest jusqu’aux environs de Valdicio (et + ?). Les relations éventuelles avec l’énigmatique et puissante source temporaire du rio Sordo compliquent le problème.
Dans la Cueva Coventosa le collecteur pérenne n’est connu que dans l’extrême aval du réseau et finalement cette célébrissime grotte est peut-être celle dont les connaissances hydrologiques sont les plus ténues.
Sordo
Cet ensemble d’émergences temporaires contiguës est de tout premier ordre avec un débit de crue exceptionnel quand au même moment le débit de la Cubera reste limité. Il représente vraisemblablement un trop-plein du collecteur du réseau Coventosa dérivé vers le sud, éventuellement même depuis sa partie amont.
Munio
C’est peut-être le seul drainage vraiment simple. Les écoulements émergents de petits systèmes perchés sur Colina et Pepiones se perdent à Brenuca près d’Elguerron pour rejoindre la cueva del Rio Munio. Peu en aval de cette résurgence le ruisseau aérien s’infiltre dans le lit gréso-calcaire du ravin et rejoint peut-être en sous-écoulement le rio Ason, cinq cents mètres plus bas.
Cuesta Avellano
La torca del Regato Callejon à l’ouest alimente en partie celle belle rivière souterraine. La relation avec le collecteur de la cueva de la Primavera n’est pas confirmée. Comme dans le cas du Munio les eaux de la résurgence se perdent rapidement, ici au pied des cascades de Cuesta Avellano.
Cubillo de Ason
Ce modeste exutoire a surtout la particularité d’être inséré au beau milieu de la série des grès d’Ason. L’alimentation ne dépasse éventuellement pas la partie basse des ravins de Rolacia.
Agua
Le débit modeste en période sèche, la réaction rapide aux précipitations et les décrues aussi soudaines paraissent témoigner d’un bassin relativement modeste débordant peu au delà du réseau souterrain connu. Seule semble affectée la frange de massif bordant au sud les ravins de Rolacia.
Manantial del Huerto del Rey
En aval de cette grosse émergence temporaire un lit de rivière pratiquement toujours asséché rejoint le cours de l’Ason. La sortie pérenne est probablement masquée par les alluvions de la rivière. La relation assez évidente avec le collecteur de la cueva Fresca tout proche et le secteur de El Albeo a très vite été subodorée. Cependant les réactions très tardives de certaines crues ( alors que l’Agua toute proche avait depuis longtemps amorcé sa décrue) nous ont amené à envisager de lointains amonts. La grande cueva del Hoyo Salcedillo semble faire partie du bassin d’alimentation qui pourrait s’étendre jusqu’aux régions de Las Pizzaras et Torcon de las Cabanas.
Cailagua
Dans les grands éboulis qui jonchent le pied de la haute barre rocheuse de la Cascada, existe un important système de sources temporaires. Géologiquement sa position entraîne à envisager une relation avec des assises calcaires au nord de l’Hoyo Grande renfermant en particulier la cueva de la Haza Tras El Albeo.
Cascada
Malgré son débit relativement modeste elle semble en partie être l’exutoire du grand réseau de l’Hoyo Grande et de ses cavités annexes.
Fuente del Ason
Cet écoulement mineur semble seulement drainer l’extrémité avale de la vallée de la Posadia où l’on trouve en particulier les pertes des ruisselets issus de la Fuente de Horneo et de la Fuente Bazon.
Fuente Bazon
La petite source pérenne est en relation probable avec la cueva de la Carrona qui draine les barres calcaires formant la marge sud de la vallée de la Posadia.
Gandara
L’émergence qui donne naissance au rio Gandara est la plus importante de la région (500 L/s à l’étiage). On connaît pour l’instant ce très grand collecteur souterrain dans son extrême aval (cueva del rio Chico et réseau de la Gandara). Le bassin d’alimentation est selon toute évidence très étendu. Toute la région s’étendant du Picon del Fraile aux Picos Albos en passant par la grande dépression de l’Hojon en fait partie.
Mais nous devons aller plus loin. Les secteurs karstiques situés en province de Burgos près du col de la Lunada sont certainement concernés de même que des massifs comme le Pico de la Miele, les flancs du Castro de Valnera et qui sait, des zones très éloignées intégrant des gouffres comme la Cuvada Grande.
Système de Pena Lusa
Faute d’émergence importante connue, nous considérerons liés un ensemble de réseaux souterrains et leurs circulations actives : la cueva del Lobo, la torca de la Pena del Trillo et très certainement la torca de los Morteros en province de Burgos. La cueva de los Gorgullones n’est qu’un exutoire temporaire permettant un regard sur un collecteur septentrional du massif, lié à la cueva del Lobo. Tout porte à croire que l’ensemble des cours d’eau souterrains vient émerger quelque part dans le val du rio Gandara et très loin vers l’est. Une seule et modeste source, la fuente de Quadreo près de Valcaba, a été repérée ; ailleurs les recherches sont restées vaines pour l’instant.
Localisation des émergences et géologie
La position des sources majeures est évidemment très influencée par les données géologiques.
De nombreux niveau argilo-marneux ou gréseux peuvent servir d’écran imperméables mais les principaux substratum sont les grès de Socueva, les grès d'Ason, les marnes noires de Soba et les grès de la Brenia.
On retrouve parmi les différentes émergences quatre types de dispositifs
1) Emergences suspendues sur un écran imperméable
C’est le cas le plus simple. Un des nombreux bancs gréseux ou marneux sert de substratum aux eaux circulant dans les calcaires immédiatement sus-jacents. Ce substratum est nettement plus élevé que le niveau de base de la vallée. De très beaux exemples jalonnent le val d’Ason. Cueva del Rio Munio, manantial de Cuesta Avellano et cueva del Agua sont des résurgences perchées sur l’épaisse série gréseuse d’Ason (5/7). La cueva de la Cascada est portée par un petit écran de grès intercalé dans les calcaires de la Colina (10). Lors des périodes de crues ces résurgences donnent lieu à de beaux spectacles en vomissant leurs cascades en contrebas (Agua, Cascada).
2) Emergences bloquées en fond de vallée à l’intersection du thalweg et du plan du substratum
La Cubera voit ses eaux ressortir dans le Rio Ason à cause du blocage proposé en aval par le bombement anticlinal des grès de Socueva (1). Sur l’autre rive on peut remarquer que la Fuente El Praduco est installée selon le même schéma.
Les sources temporaires du rio Sordo sont, elles, bloquées sous les grès d’Ason
Plus haut dans le val d’Ason la résurgence temporaire de Huerto del Rey (liée à la cueva Fresca) est barrée en aval par les grès d’Ason. Là encore il existe le même dispositif en rive droite du rio Ason avec Las Fuentes, résurgence du réseau de Garma Ciega.
3) Emergences sur changement latéral de faciès
Les sources du rio Gandara sont localisées au niveau de superbes lentilles de calcaires récifaux (mud-mounds) qui passent latéralement très vite à des formations argilo-gréseuses puis aux marnes de Soba. Toutes les eaux infiltrées à l’ouest ou sud-ouest (Lunada, Picon del Fraile, Hojon) paraissent arrêtées par cette gigantesque barrière imperméable et orientées au nord vers le seul exutoire possible pour donner le jour au rio Gandara.
4) Emergences sur faille mettant en contact des terrains imperméables avec les calcaires
Au nord un bel exemple est donné par l’émergence de la Cubiobramante. La sortie pérenne et les exutoires temporaires étagés sont alignés le long d’une faille portant au contact des formations gréseuses et marneuses imperméables faisant barrage au nord avec les calcaires massifs du compartiment sud, siège des circulations karstiques.
19 novembre 2005
Lapiaz
Hoyu Ciervo














