27 juin 2008
Arredondo, Eden spéléologique ?
Au confluent des rios Bustablado et Ason, le village d'Arredondo est au coeur d'une région particulièrement riche en cavités.
Pour le montrer (en particulier aux spéléos français qui la méconnaissent) j'ai regroupé sur une carte les principales grottes explorées sur 3 secteurs et ce dans un rayon ne dépassant pas 15 km autour d'Arredondo
- le massif de Porracolina, entre les rios Miera et Ason
- le massif du Mortillano (ouest), en rive droite du rio ason
- la région de matienzo, autour de la dépression fermée (polje) du même nom
Les limites sont évidemment arbitraires et d'autres cavités proches, comme celles de la rive gauche du rio miera ont été volontairement occultées
N'oublions pas non plus que non loin du cadre présenté existent 2 autres grottes majeures :
Ojo Guarena (développement 110 km) à 30 km au sud
Red del Silencio (dvt 60,2 km) à 16 km à l'est
J'ai indiqué en rouge les plus grandes cavités dépassant 50 km
-Garma Ciega-Mortero 103 km (Mortillano)
-Gandara 93,1 km (Porracolina)
-Muela-Tejuelo 83,3 km (Porracolina)
-Hoyuca (4 vallées) 50,1 km (Matienzo)
et en vert les grottes entre 30 et 50 km
-Cueto-Coventosa 32,5 km (Porracolina)
-Renada (la Vega) 31,3 km (Matienzo)
-Vallina 31 km (Matienzo)
Sept autres plus modestes (tout est relatif !) développent entre 10 et 30 km.
En plus des développements les dénivelés sont souvent conséquents
Garma Ciega -848 (Mortillano)
Cueto-Coventosa -815 (Porracolina)
Gandara -814 (Porracolina)
et les belles verticales abondent ; notons simplement :
pozo de los Pasiegos 346 m dans la sima del Tejon (Porracolina)
pozo Negro 340 m dans la sima de la Llana de Tejes (Mortillano)
pozo Buldo 314 m dans la torca de la Mole (Mortillano)
pozo Juhué 302 m dans la sima del Cueto (Porracolina)
Faute de temps je n'ai pas abordé quelques généralités (historique, hydrogéologie sommaire) permettant un regard même succint sur la région. J'essaierai de le faire à l'automne.
En attendant, en juillet et en août, vous pourrez me joindre à notre modeste cabane :
Huyo del Haya, Barrio de la Maza, Arredondo
Bonnes explorations estivales à tous.
09 janvier 2008
Traversées en chaîne
Trois traversées à enchaîner dans les grottes du Barranco de la Sota
La traversée Cuevas Sopladoras – Cueva del Agua dans le Val d’Ason, après avoir été très longtemps boudée par les spéléologues visiteurs, est désormais plus régulièrement fréquentée.
Je ne m’attarderai donc pas pour l’heure sur cette grotte mais sur deux autres petites traversées plus en amont dans le ravin de la Sota qui, outre leur intérêt propre, ont la particularité de former avec la cueva del Agua une succession de trois parcours souterrains pouvant être enchaînés les uns après les autres en ne ressortant que très peu à l’air libre :
Las Cubias – Cueva Fria (
Torca de la Llana de
Brezal – Manantial de Cuesta Avellano (
Cuevas Sopladoras – Cueva
del Agua (
Approximativement le
trajet souterrain cumulé représente
Pour accéder au barranco de la Sota il faut d’abord remonter les ravins de Rolacia jusqu’aux cabanes d’El Chumino (1 heure). A partir de là on emprunte la branche sud des ravins soit en remontant près du fond du thalweg (à éviter en été à cause de la végétation luxuriante) ou en se dirigeant au dessus des prairies pour passer ensuite en vire sous la première barre calcaire et les grottes de las Carcelez.
Le sommet des grandes
cascades de Cuesta Avellano est un bon point de repère (2 heures) .
A cinquante mètres de là
et un peu plus haut, le ruisseau sourd du Manantial
de Cuesta Avellano (n° 61 et 106 - z =
Si on souhaite avoir une
vue plus complète des grottes du ravin on peut poursuivre la randonnée et, quelques
minutes plus tard, on atteint les entrées de la Cueva de la Primavera (n° 288 et 289 - z =
Coordonnées des entrées
Las Cubias
X = 447,601 ; Y = 4786,126 ; Z =
Fria
X = 447,835 ; Y = 4786,350 ; Z =
Llana de Brezal
X = 447,781 ; Y = 4786,465 ; Z =
Cuesta Avellano
X = 448,372 ; Y = 4786,655 ; Z =
Sopladoras
X = 448,398 ; Y = 4786,583 ; Z =
La traversée Las Cubias –
Cueva Fria
A cinquante mètres de l’entrée
principale un puits de
Deux cents mètres suffisent pour aller à la torca de la Llana de Brezal. On évite de descendre complètement le couloir de la Fria jusqu’au fond du ravin pour longer la corniche à gauche. Une fois au niveau du thalweg l’objectif est soixante mètres au nord.
La Torca débute par un
entonnoir de
Après deux petits
ressauts (R.2 et R.4 sans équipement), la galerie établie sur la faille rejoint
un petit actif temporaire. En aval, un changement brusque de faille modifie la
direction de la galerie qui prend de l’ampleur. Après descente d'un chaos de
blocs on retrouve le ruisselet qui commence à inciser le substratum gréseux pour
former un peu plus loin de jolies marmites patinées de noir.
Au niveau d'une
grande rotonde, le banc de grès percé donne accès au vaste P. 27 (équipement
délicat, de préférence dans le banc calcaire au dessus du grès) formé d’un
premier ressaut de
Vers l'aval, on le suit
facilement dans une galerie relativement modeste jusqu'à une trémie et il faut
revenir quelques mètres en arrière pour effectuer une escalade (E. 8) à équiper
éventuellement pour les moins habiles. Elle donne sur un étroit conduit (le
seul !) très ventilé, le "boyau de l'espoir" qui, après un
ressaut de
5 m (désescalade), rejoint sur le collecteur (
On peut alors suivre le
ruisseau sans problème sur
Il suffit alors de
traverser le vallon et ses moraines pour rejoindre les grottes soufflantes (qui
aspirent la plupart du temps !).
Il nécessite cependant
une condition physique convenable car la marche d’approche est assez longue et
éprouvante avec ses
C’est au printemps que l’on
circule le mieux en dehors des grottes en profitant de la végétation minimale.
Le cheminement emprunte
la plupart du temps des conduits actifs ou temporairement actifs ; il faut
donc rester soucieux des risques de fortes crues.

