Cuevas del Asón

14 juin 2015

Cueva de la Vallina - Traçage d'avril 2015

L'injection

Le 2 avril, à l'invitation de Peter Smith, je me joins à la petite équipe britannique chargée d'emporter le traceur jusqu'au rio Rioja, collecteur principal de la cueva de la Vallina (développement : 31742 m).

 

Vallina-hydrology Juan

 

Depuis l'entrée Nospostentra il nous faut 1,5 h en musardant gentiment pour aller aux verticales (Double Dutch Pitch) permettant l'accès aux actifs.

 

Vallina double dutch pitch

 

Deux participants restent en haut pour quelques tâches de topographie et c'est à 5 que nous descendons les ressauts et le joli P.31, un peu arrosé sur sa moitié inférieure.

 

P4020548 (768x1024)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au sommet du P.31 (Double Dutch Pitch)

 

En bas le petit ruisseau (rio Double Pitch) est un affluent qui rejoint le rio Rioja une centaine de mètres plus loin.

vallina 0733-pe-2015e-04

 

 

 

 

 

Rio Rioja

(Matienzo Caves web site)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le collecteur est de dimensions modestes mais le débit est encore soutenu (environ 100 L/s) en cette période de moyennes eaux. C'est un peu en aval que 4 L de traceur (Leucophor) sont déversés.

vallina 0733-pe-2015e-01

Le traceur Leucophor est déversé dans le rio Rioja (Matienzo Caves web site)

L'attente

Nos collègues anglais doivent maintenant relever les capteurs qui ont été posés, au sud à la fuente del Molino et la fuente de Barcena Morel (vallées du rio Bustablado et du río Asón, Arredondo) et au nord à la fuente Comellante (dépression de Matienzo, Ruesga). Des relevés sont également prévus en amont du río drainant la cueva de la Renada (développement : 33592 m).

P4030566

Fuente del Molino

Fuente Comellante

Fuente Comellante (Matienzo Caves web site)

Les jours passent et l'inquiétude quant à la qualité du traçage commence à poindre.

 

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Peter relève des capteurs à la fuente del Molino (3 avril)

 

La délivrance

Le 10 avril, soit 8 jours après l'injection, le premier résultat positif est enfin relevé à la fuente Comellante. En amont de la Renada les tests sont également positifs. La présence du traceur sera encore relevée pendant la semaine suivante.

 

Vallina 0040-0733-0791-Detectors 11-4-15

 

The three positive detectors from Comellante, with the negative detector from Molino

Trois détecteurs positifs issus de la fuente Comellante, et au centre le détecteur négatif de la fuente del Molino (détection sous U.V.)

 

Rapide bilan

La fuente Comellante est l'exutoire des actifs du réseau de la cueva de la Vallina. Plus largement les niveaux calcaires du flanc sud des massifs de Linares, Trillos, Piluca (= calcaires de la Vallina) dans lesquels se développe cette cavité sont tributaires du système hydrogéologique Comellante.

Deux autres grandes cavités du secteur, la torca de los Trillos et la torca del Hoyón appartiennent donc probablement à ce système Comellante

 

Vallina prueba 2

Traçage Vallina - Comellante

 

Nul doute que nos collègues et amis britanniques feront encore quelques "pruebas" pour confirmer.

En attendant encore félicitations pour le beau travail accompli par les "cavers" de Matienzo autour de Phil Papard, Juan Corrin, Peter Smith....

et pour en savoir plus le site incontournable ! www.matienzocaves.org.uk

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20 juin 2013

Système hydrogéologique Gándara

Système hydrogéologique Gándara

Dans ce blog quatre des cinq principaux systèmes hydrogéologiques concernant le massif de Porracolina avaient fait l'objet d'un article.

Le texte suivant traite de l'ultime et très important système Gándara. Une étude améliorée (je l'espère) paraitra ultérieurement sur le site karstexplo.

1 L’état des lieux

La source du río Gándara est une émergence karstique de tout premier ordre. Elle marque le débouché d’un grand collecteur souterrain associé à un réseau dont l’exploration spéléologique a fait un bond de géant  au cours des dix dernières années (cueva del Gándara , 108 km)

La carte montre très grossièrement les principales cavités du secteur.

L’exploration bien avancée de la cueva del Gándara montre bien une alimentation depuis le cœur du massif du Picón del Fraile à l’ouest qui recèle de nombreux drains parallèles. On ne doit pas non plus écarter l’idée d’apports en provenance des dépressions en amont de la vallée de la Posadia, même si cette contribution Nord n’a pas encore été mise en évidence

Gandara système hydrogéologique (tracés)

Les mystères de l’Ouest

Le Sumidero (perte) de Lunada recoupe un important collecteur local (río des Âmes grises) qui pourrait rejoindre en aval le secteur Ojón de la cueva del Gándara (zone centre-ouest). Son origine en amont demeure par contre une énigme. En période de grand étiage, quand les cavités drainant la région de Las Trias sont complètement à sec (T 1, Sumidero de Lunada et Fulm, Bernias) le débit de ce collecteur est encore de quelques litres par seconde. Le drainage insignifiant des surfaces sommitales en prolongement ne suffit pas à expliquer le débit. On peut donc penser à un apport en provenance du sud-ouest (pico de la Miel etc. ?)

Tout l’ensemble envisagé ci avant pourrait constituer le bassin d’alimentation de l’affluent Ouest qui amène environ 1/4 à 1/3 de l’eau au niveau du confluent du grand collecteur en aval de la cueva del Gándara. Il faut donc alors trouver un bassin d’alimentation pour les 2/3 du collecteur !

L’hypothèse Grand Sud

Cette hypothèse oblige à lier au système Gándara des cavités bien plus éloignées au sud ou sud-ouest comme par exemple la torca de la Cubada Grande.

2 La problématique géologique

 

La limite de l’aquifère karstique vers l’Est

La résurgence actuelle du système Gándara est localisée au contact des calcaires lenticulaires de la Becerral (mud-mounds, niveau 11) et des marnes noires de Soba (niveau 12) qui paraissent former un barrage orienté Nord-Sud empêchant toute sortie de l’aquifère plus à l’Est.

L’enfoncement des niveaux d’émergence au cours du temps est bien visible, accompagné simultanément d’une progression vers le Nord. La grotte de la Cueva del Gándara (Z = 725 m) (galeries des Alizés) est un vieil exutoire et, légèrement  plus au Sud, la cueva del Collangón (Z = 770 m) représente une émergence fossile encore plus ancienne.

En allant vers le sud le contact des lentilles récifales avec les marnes de Soba disparait sous les grès de la Brenia (niveau 14) eux-mêmes recouverts par les formations du massif de Peña Lusa (niveaux 15 et 16). Les conditions géologiques en profondeur au niveau du système Gándara ne peuvent être, à partir d’ici, qu’hypothétiques surtout quand on connait la rapidité des changements de faciès dans les dépôts des barrières récifales.

La superposition d’aquifères étagés à l’Ouest

Le pendage général des strates vers l’Est fait affleurer, du Picón del Fraile au Castro de Valnera, en passant par le Pico de la Miel, des niveaux géologiques de plus en plus anciens composés de bancs calcaires alternés avec des horizons gréseux plus ou moins épais formant autant d’écrans imperméables et générant donc des aquifères apparemment indépendants.

Qu’en est-il réellement ?

Comment ce mille feuilles peut-il finir par s’interconnecter pour aboutir à un résurgence unique ?

Les calcaires supérieurs du Picón del Fraile (niveau 13) correspondent latéralement aux lentilles récifales de la Gándara. Mais les réseaux qu’on y connait (Requiem, Jabato) sont limités et tronqués en arrivant vers la dépression de l’Ojon, et le bassin versant les concernant est trop réduit pour expliquer seul le débit d’une source comme la Gándara.

Les explorations menées en amont sur le grand réseau de la Gándara montrent que les parties connues sous le Picón del Fraile s’insèrent dans un banc calcaire inférieur appartenant au niveau 10 (calcaires de la Colina). La coupe de synthèse proposée par P. Degouve (2006) montre nettement une rupture entre la partie amont Ouest qui suit le pendage des strates et la partie Est, subhorizontale, qui semble dépendre du niveau de base. On montre alors ici physiquement que l’eau peut passer d’un niveau stratigraphique inférieur à un niveau stratigraphique supérieur.

Coupe-gandara

La cueva de las Bernias (4,7 km) parait s’inscrire dans le même niveau que les amonts de la cueva del Gándara (Degouve 2009).

Le labyrinthique Sistema de Las Bernias (17 km) est inséré dans le niveau calcaire immédiatement sous-jacent tandis qu’encore en dessous vient le Sumidero de Lunada qui lui-même se connecte avec un banc calcaire situé encore plus bas et qui renferme ce qui apparaît comme le collecteur du secteur (Río des Âmes Grises)   

Une coloration à la perte même de Lunada (G.E.Edelweiss) confirme la liaison de l’impluvium local avec la source de la Gándara  Et même si les eaux de la perte ne rejoignent pas de façon certaine le collecteur  au stade actuel de l’exploration, la proximité des phénomènes parait impliquer une destination commune.

 

Reste le problème majeur des circulations dans les niveaux calcaires sous-jacents (donc plus anciens) au sud et sud-ouest.

Stratigraphiquement les assises géologiques concernées correspondraient latéralement avec des niveaux comme les calcaires du Haut-Rolacia (niveau 8 au nord sur Porracolina). Pourtant envisager une relation avec le val d’Asón parait bien déraisonnable (éloignement, pendage sud-est) et les bassins d’alimentation des systèmes hydrogéologiques locaux (Huerto del Rey…) semblent déjà bien suffisamment étendus.

On peut séparer le réseau de la Cubada Grande pour l’intégrer dans un système hydrogéologique indépendant. Or, nous l’avons vu précédemment, des écoulements inclus dans des niveaux stratigraphiquement inférieurs ne sont pas obligatoirement piégés et peuvent passer dans des niveaux géologiques supérieurs. De plus, en envisageant un système hydrogéologique supplémentaire il faut alors trouver une autre porte de sortie que la Gándara pour cet aquifère autonome.

Géologiquement seuls deux échappatoires semblent possibles :

Vers le nord-est (Gándara)

Vers le sud (río Trueba)

Le rio Trueba tient sa maigre alimentation de modestes résurgences le long de son parcours et de l’apport particulièrement réduit de l’écoulement superficiel du vallon de Lunada ; il ne devient un peu plus important que bien plus au sud par l’apport de la source de Las Machorras, résurgence probable de la perte du río RíoSeco (exploration  Spéléo-Club de Dijon  1988).

Toute hypothèse d’une émergence karstique importante vers le sud et le rio Trueba parait donc bien illusoire et oblige à envisager la source du río Gándara comme le seul exutoire possible.

Gandara système copie

 

3 Conclusions

Le système hydrogéologique Gándara peut être vu comme la réunion, vers l’est et le nord-est, d’aquifères au départ très indépendants à l’ouest et qui constituent des sous-systèmes hydrogéologiques (système Fraile, système Miel ? etc...)

Pour cela on doit accepter l’idée du passage des écoulements souterrains des bancs calcaires inférieurs vers des niveaux stratigraphiques supérieurs, à la faveur probable de failles à rejets suffisants. Ce processus doit être plus facile vers l’est avec l’enrichissement carbonaté des strates impliquant donc simultanément la diminution en épaisseur des horizons gréseux imperméables.

Gandara système coupe simple

 

L’exploration spéléologique nous en dira peut-être un jour bien plus, accompagnée de campagnes de colorations indispensables. En attendant,  nul doute que les discussions parfois contradictoires entre collègues continueront de faire évoluer toutes ces hypothèses.

 

Il y a quarante ans, alors jeunes spéléologues dijonnais, nous rêvions certainement devant la belle source du Río Gándara, impénétrable et mystérieuse

Il y a trente-deux ans les plongées nous permettaient un premier contact avec la Gándara souterraine

Il y a vingt-six ans nous démarrions les investigations sur le Picón del Fraile, loin à l’ouest

Il y a douze années déjà nous découvrions enfin, au fond de Torca la Sima, le passage clé pour l’exploration de l’immense Cueva del Gándara

Et demain ?

 

« On n’a jamais fait de grande découverte sans hypothèse audacieuse »

Isaac Newton

 

 

20 décembre 2011

Fin 2011. Petit Pierre

Depuis l'été les compte-rendus d'activité sont sur le blog de karstexplo.

Une partie des documents présents sera intégrée à terme dans le site web karstexplo / cuevas del alto ason.

En attendant les documents seront toujours sur ce blog qui restera ouvert.

L'année 2011 nous a apporté comme d'habitude son lot de découvertes. Une des plus intéressantes a été l'exploration de la galerie des Indignés au fond de la torca del Pasillo avec son petit collecteur qui est la suite en aval de celui de Cantu Encaramado qu'il prolonge sur 1 km.

Avec les plongées à Orcones et au Molino, l'hypothèse d'un bassin d'alimentation de la source du Molino depuis le sud-ouest de Bustablado semble de plus en plus se confirmer (voir article du 28 mars 2009)

P1010793 - CopieMais pour nous hélas, l'évènement majeur de cette année aura été la disparition au mois de juillet, de notre ami Pierre Perrault, dit Petit Pierre, à l'age de 81 ans. Son départ a beaucoup touché bien sûr la petit communauté spéléologique, mais aussi bon nombre d'habitants du Val d'Ason qui l'avaient souvent côtoyé depuis ces 25 dernières années.

P'tit Pierre tu ne verras jamais le Sordo souterrain de tes rêves. Mais tu sais bien que tes amis continueront de le chercher en pensant très fort à toi.

 

SIMG0755 - Copie

Quelque part en prospection vers Arredondo

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07 mai 2011

febrero abril 2011

P4290029__1024x768_La route du col de los Collados menant à la Gandara depuis Ason étant coupée jusqu'au mois de mai, nous avons concentré nos activités sur Arredondo, au nord du massif.

Les recherches, en équipe réduite, ont permis de porter notre inventaire à 1597 cavités (fin avril 2011).

 



P4200041__1024x768_Torca Delgada
Ce gouffre, proche de la torca del Pasillo et qui avait laissé quelques espoirs de continuation à l'automne dernier, s'est avéré immédiatement bien décevant. Une petite galerie fossile (Léopard) et deux petits puits latéraux marque le terminus impénétrable à -60. Le courant d'air provient d'un grand puits du lapiaz.

P4200043__1024x768_

 

Galerie Léopard

 

Patrick au sommet de l'avant-dernier puits

 

Torca de la Mazuela
La bonne opération (provisoire, soyons prudents !) est venue d'un gouffre repéré en 1999, la torca de la Mazuela (notée torca T à l'époque). En 2000 le puits d'entrée (25 m) avait été descendu.
Deux séances de désobstructions musclées et tonnantes entre 3 puits de 20 à 25 m ont mené à une nouvelle zone étroite à -80, dominant un puits estimé à 30 m. Malgré les difficultés le bon courant d'air soufflant (régime estival) nous laisse confiants pour cet été.

Torca Aitken
Côté "grandes cavités" la torca Aitken a été poursuivie. Un bivouac de 4 jours a porté le développement à 7700 m mais la suite espérée au delà de notre terminus 2009 dans la galerie du Poulpe n'a pas été au rendez-vous. (voir le compte-rendu de patrick Degouve)

P4170017__1024x768_Sumidero de Orcones
Nous avons tenté de court-circuiter le premier siphon de la Munke gata mais après équipement d'une vire et une escalade nous avons renoncé étant donné l'étroitesse des lieux et le travail jugé considérable. La parole sera donc redonnée aux plongeurs dès cet été.

Equipement de la vire dans Orcones

 

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24 novembre 2010

Los Santos 2010

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En marge du bivouac à la cueva del Gandara qui a permis de porter le développement à 106 145 m (voir article P. Degouve) d'autres cavités ont reçu notre visite au gré des disponibilités et des humeurs, en particulier :

Torca Mala Vista (Arredondo)

Une neuvième séance de désobstruction est malheureusement écourtée par l'arrivée trop précoce de la pluie. Une bonne quantité de blocs est tout de même sortie du puits
(D. Boibessot, P. et S. Degouve, L. Garnier, G. Simonnot)
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Torca Delgada (Arredondo)
Ce petit puits étroit, exhalant un bon courant d'air, est repéré en février 2009 (GS). Sa position entre les secteurs de la torca Aitken et de la torca del Pasillo lui confère un certain intérêt.

Delgada : l'entrée

Quelques coups de marteau et burin permettent de descendre 8 m pour déboucher en balcon dans le flanc d'une salle (P.10). En hauteur, deux autres entrées étroites en provenance du lapiaz y arrivent également. La suite nécessite une escalade de 6 m pour atteindre une lucarne soufflante. Derrière on redescend de 8 m pour parvenir  un peu plus loin au sommet d'un P.20.

Delgada : le sommet du P.20
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Celui-ci constitue la base d'un grand puits à ciel ouvert d'une cinquantaine de mètres (retrouvé plus tard dans le lapiaz). Au fond un nouveau P.10 n'a été que partiellement descendu laissant voir une autre salle et un puits. L'air provient du bas ce qui est plutôt encourageant. Arrêt à -60. (J.L. Geral, E. Humbert, B. Pernot, G. Simonnot)

Torca 2083 (Arredondo)

Repérée en août 2008 la cavité s'arrêtait au bout de 20 m (-10) sur un plancher stalagmitique effondré laissant apercevoir une suite.
Nous y retournons pour une rapide visite. Patrick ouvre assez rapidement le passage. Derrière, une descente de 8 m amène au bord d'un puits estimé à une vingtaine de mètres à descendre. (P. et S. Degouve, G. Simonnot)
Photographies : J.L. Geral

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08 octobre 2010

Verano 2010

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Durant l’été la cueva del Gándara n’a pas été l’objet de l’activité qui s’est surtout focalisée sur la commune d’Arredondo.

Nous avons essayé d’équilibrer les recherches entre cavités déjà en cours d’exploration et les nouveaux objectifs repérés durant les séjours hivernaux ou printaniers.

Sumidero de Orcones (Arredondo)

Les plongées des siphons de Munke Gata (rue du Moine en norvégien) par Manu et Yann ont permis de recouper un drain temporaire ( ?) important, essentiellement noyé avec amont/aval.
L’aval, comme nous le pensions, semble partir vers la cueva del Molino. Arrêt dans un siphon aval qui plonge à -30.
Le plus intéressant cependant est peut-être l’amont qui a pu être remonté jusqu’à un siphon 5. Dans les deux directions l’exploration est en cours.
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Devant un des siphons de Munke Gata

La poursuite des investigations au-delà pourrait bien nous en apprendre beaucoup sur le drainage de la zone nord de l’alto de Tejuelo et les liens supposés entre Molino, Orcones, La Cueva, Aitken, Hormigas, Cantu etc …
Développement : 1100 m (950 topo)

Torca Aitken (Arredondo)

1200 m supplémentaires ont été reconnus au niveau des grandes galeries de -200.
Développement : 5300 m (profondeur inchangée -266)

Torca del Pasillo (Arredondo)

Ce nouveau gouffre, repéré au printemps 2009, nous a vus à maintes reprises durant l’été.
L’élargissement de passages très étroits, la descente de plusieurs branches de puits ont rendu l’exploration un peu compliquée. Nous pensions rencontrer de belles et grosses galeries vers – 160 et finalement le gouffre descend pour l’heure à -285 vers des galeries montrant des traces d’activité temporaire mais sans encore rencontrer d’actif.
Développement : 1 km (-285)

A noter que cette cavité a mobilisé une bonne partie de notre petite et bien modeste troupe et en particulier a vu se succéder sur juillet-août quelques anciens compagnons d’explorations anciennes, revenus à Arredondo après bien des années d’absence (Bruno, Christophe, Eric)

IMG_4922__1024x768_Cueva Cayuela (Arredondo)

Après les dernières plongées 2009 en amont de la Cubiobramante, émergence du système, il avait semblé bon de plonger le siphon le plus en aval du collecteur de la Cayuela, au niveau de la rivière du Labyrinthe.

Le collecteur de la Cayuela, au niveau des cascades précédant le siphon aval du Labyrinthe (photo P. Degouve)

 

Une plongée (Manu) a permis de découvrir 300 m de galeries mais la jonction avec la Cubiobramante n’a pu se faire pour l’instant car le cheminement du collecteur est bien loin d’être évident.

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Manu se prépare à plonger (photo P. Degouve)
Le développement passe à 13500 m pour une profondeur inchangée de -527

IMG_4961__1024x768_Cueva del Tocayo (Arredondo)

Après deux ans nous sommes enfin retournés faire la désobstruction de l’étroiture soufflante au terminus (-32) ;
A -40 nous avons pu prendre pied sur un petit collecteur local. Sa remontée a permis de parcourir 300 m de galeries.
Développement : 830 m (-40)

La galerie P'tit Pierre dans la cueva del Tocayo (photo P. Degouve)

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L'étroiture agrandie à -32 dans la cueva del Tocayo

Torca Mala Vista (Arredondo)

Huit séances tout au long de l’été pour une profondeur de … -7
C’est le fort courant d’air qui nous a fait (et nous fera) persévérer dans cette cavité découverte au printemps de cette même année.

 

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29 juin 2010

Le système hydogéologique de Huerto del Rey

Les calcaires du Haut-Rolacia (niveau 8) renferment plusieurs systèmes hydrogéologiques ayant comme substratum le toit du complexe gréseux d’Asón (niveaux 5 et 6-7).

Du nord au sud on distingue successivement les systèmes

Munio

Avellano

Agua

Huerto del Rey (ou Fresca-Salcedillo)

 

Le système Huerto del Rey

C’est le plus important si on veut bien admettre l’hypothèse (Degouve-Simonnot, 1990) d’une relation entre le réseau de la cueva del Hoyo Salcedillo (18,8 km et -532) à l’ouest  et une des grandes grottes du val d’Asón, la cueva Fresca ( environ 26,5 km et -507).

Cependant l’analyse reste complexe et bien des interrogations demeurent.

L’alimentation proche depuis les bords de El Albeo vers le río Asón est la seule bien connue. Deux traversées spéléologiques sont même possibles à partir de la torca Tibia (spéléodrome bien connu) et de la torca de Calleja Tojo. L’actuel collecteur connu de la cueva Fresca, qui draine d’ouest en est la partie septentrionale de la grotte, correspond à ces différents apports.

Fresca_hydrologie_g_n_

En revanche les écoulements recoupés dans la cueva del Hoyo Salcedillo ont une origine plus lointaine (Torcon de las Cabanas, Pizarras) et force est de constater que nous ne les retrouvons pas dans la Fresca. Peut-être alimentent-ils une zone noyée au sud de cette grotte avec une sortie dans le lit de l’Asón, qui si elle n’est pas du tout localisée, doit se situer entre le toit des grès d’Asón et le bas des formations de El Albeo quand elles recoupent le thalweg (secteur Huerto del Rey).

Les petits systèmes « cousins »

Ils sont en quelque sorte des équivalents géologiques (inscrits dans les mêmes calcaires du Haut-Rolacia) mais par leur position plus au nord se retrouvent avec des émergences perchées. Eux aussi assurent un classique drainage d’ouest en est vers le val d’Asón.

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11 mars 2010

Systèmes hydrogéologiques de Peña Lusa

Systèmes hydrogéologiques de Peña Lusa

Au sud du massif de Porracolina, les calcaires de Peña Lusa (niveau 16) forment une très belle ligne de relief. Ils sont le siège de phénomènes karstiques d’importance révélés par l’exploration spéléologique. Pour autant bien des points d’interrogation demeurent.

lusa_collage_2_photos

Faute d’émergence importante connue, nous considérerons liés un ensemble de réseaux souterrains et leurs circulations actives : la cueva del Lobo, la torca de la Peña del Trillo et peut-être la torca de los Morteros en province de Burgos. La cueva de los Gorgullones n’est qu’un exutoire temporaire permettant un regard sur un collecteur septentrional du massif, lié à une partie de la cueva del Lobo. Tout porte à croire que l’ensemble des cours d’eau souterrains vient émerger quelque part dans le val du rio Gándara et très loin vers l’est. Une seule et modeste source, la fuente de Cuadreo près de Valcaba, a été repérée ; ailleurs, en particulier plus à l’est, les recherches sont restées vaines pour l’instant.

Lusa_syst_me_cuadreo

Quand on observe les grandes cavités du massif de Peña Lusa on voit immédiatement l’écoulement général qui se fait depuis l’ouest (versants de la province de Burgos) vers l’est en suivant le pendage général du substratum imperméable (grès de la Brenia, niveau 14) et ce, sur de grandes distances.
Cependant la sortie de cet aquifère reste une grosse énigme.

Quelques auteurs ont facilement contourné l’obstacle en imaginant des résurgences dans les amonts du Río Argumal. Mais dans tout le ravin n’existent que des apports d’eau insignifiants, et en aval le cours d’eau établi dans les grès ne montre qu’un débit minime voire nul en été.
Nous avons donc envisagé une continuation vers l’est des cours d’eau souterrains malgré la disparition des lentilles calcaires qui passent latéralement vers l’est aux formations gréseuses (et non karstifiées) de la Sia. En effet les marno-calcaires de base (niveau 15), karstifiables, se prolongent sur plusieurs km dans le flanc droit de la vallée du Río Gandara.

Lobo_gorgu_hydro
La Fuente de Quadreo, près de Valcaba, s’inscrit dans cet hypothèse et pourrait alors être le point bas d’un système hydrogéologique de plus de
1000 m de dénivelé ; mais, modeste et impénétrable, elle ne peut évidemment pas représenter le seul exutoire karstique d’un massif aussi important. En particulier les collecteurs de la Peña del Trillo ou de la cueva del Lobo (partie sud) n’ont pas d’émergences connues.
Signalons que la torca de los Morteros (8 km, -415), en province de Burgos et hors de nos investigations, et qui pourrait s’insérer dans le même cadre hydrogéologique que la cueva del Lobo et la torca de la Peña del Trillo, n’a pas non plus d’exutoire identifié..

21 décembre 2009

Muchas felicitades

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Feliz Navidad








Le deseo tambien muchos descubrimientos en 2010

Guy

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30 novembre 2009

Carte géologique

Ason_carteGEOL_2009

Dispositif structural
Les terrains de la région d’Asón sont affectés au nord par un bombement OSO-ENE passant à San Roque sur le Rio Miera et recoupant le Rio Asón au sud d’Arredondo.

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De part et d'autre des failles de Bucebron les strates plongent soit vers le nord (Muela), soit vers le sud (Porracolina)

Cet anticlinal ou pseudo anticlinal, dit de Socueva, est souligné de grandes failles axiales parallèles (failles de Bucebron et de Socueva), avec des rejets parfois importants atteignant environ 200 m au pied des Alto de Porra et Porracolina. Ces accidents déterminent quelques pincées subhorizontales entre les flancs nord et sud de la ride.

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Le relief de faille sur le flanc nord de l'alto de Porra. L'accident met en contact des formations gréseuses (7) et les calcaires récifaux de bucebron (4).

Vers le nord les strates plongent suivant un pendage de 10 à 20°. Au niveau de l’Alto de Tejuelo, de nombreuses fractures SO-NE relèvent à tour de rôle les compartiments successifs.

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Le rebord de l'Alto de Tejuelo en rive droite du Rio Miera. Les failles relèvent de façon répétitive les escarpements calcaires.

Un important accident ouest-est, prolongement de la faille des Esles (ou faille de Cabuerniga), suit approximativement le Rio Bustablado (et probablement vice et versa).

Le flanc sud de l’anticlinal occupe une surface nettement plus importante. Il est d’abord affecté par une très complexe zone fracturée au niveau du Haut-Rolacia (Helguerón, Regato Callejón) pour poursuivre apparemment plus calmement son plongement vers le sud sud-est avec un pendage moyen de l’ordre de 10°. Quelques cassures importantes apparaissent au sud de Peña Lusa, à la limite des Provinces de Santander et Burgos.

Ason_CoupeGeolNord

La structure générale anticlinale a comme conséquence de faire affleurer les terrains les plus anciens (Barrémien supérieur, Aptien inférieur) dans les boutonnières de San Roque de Riomiera et de Socueva. A partir de là, vers le sud, ils sont régulièrement recouverts par des dépôts de plus en plus jeunes (jusqu’à Albien supérieur).

Ason_CoupeGeolSud

Remarque

La carte géologique existante concernant le massif de Porracolina est malheureusement d’une précision des plus aléatoire et présente surtout pour nous quelques défauts majeurs.

A côté de lacunes d’ordre structural, comme l’absence de certaines failles importantes (Brenuca), c’est surtout au plan stratigraphique que le bât blesse le plus.

Des niveaux imperméables gréseux ou marneux importants ne sont pas mentionnés (grès de El Albeo). Ils jouent pourtant un rôle de substratum imperméable déterminant dans l’élaboration des processus karstiques. Plus grave est l’amalgame fait en réunissant sous le même vocable des séries calcaires complètement distinctes et de datation différente, et qui vont renfermer en leur sein des réseaux karstiques complètement indépendants. Les calcarénites de la Porra sont ainsi mêlés aux calcaires du Haut-Rolacia et même aux calcaires de las Pizarras. Les niveaux calcaires du Picón del Fraile sont malheureusement confondus avec les calcaires de Peña Lusa. On retrouve réunies sous le même figuré quelques 600 m de strates avec en intercalation deux niveaux gréso-marneux dont l’un a une puissance de l’ordre de 150 m !

La carte géologique ici présentée, sans prétention scientifique excessive, comble quelques-unes unes de ces insuffisances.

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